Q1 : Ne devriez-vous pas vous occuper de choses plus
importantes ?
Pour les
membres de S.E.A., le refus de la souffrance animale est à inclure dans
un état d'esprit plus large, qui consiste simplement à respecter la vie,
quelle qu'elle soit. Dans ce contexte, une "échelle
d'importance" n'a pas de raison d'être. Plusieurs membres
exercent d'ailleurs des professions dans le domaine social ou médical,
et c'est aussi leur souci de la santé humaine qui les amène à lutter
contre la vivisection. Nous remarquons que les bénévoles
d'associations humanitaires sont également plus réceptifs aux idées
véhiculées par S.E.A.
Q4 : Les sciences peuvent-elles se passer de la
vivisection ?
L’expérimentation
animale n’est pas une science exacte. Au
problème de la transposabilité à l’homme des résultats
obtenus chez les animaux, s’ajoutent encore :
-l’impossibilité d’observations
à long terme compte tenu de la durée de vie réduite des animaux ;
-les mécanismes de
développement des maladies qui peuvent différer d’une espèce à une
autre (exp. : les chiennes développent le cancer mammaire uniquement
à partir de cellules musculaires alors que cela n’est jamais le cas
chez la femme…) ;
-l’influence des
conditions de détention et de stress qui modifient le métabolisme des
animaux objets d’expériences (exemple. : lors de la réalisation
d'un test pyrogène qui consiste à mesurer une éventuelle augmentation
de la température corporelle du lapin après injection du produit à
tester, on observe fréquemment une augmentation spontanée de la
température des lapins avant même l'injection, provoqué uniquement par
le stress de l'animal connaissant déjà par habitude la souffrance du
test qui l'attend). Il fait aussi savoir que ce test peut être remplacé
par le test LAL in vitro.
Du point de vue
éthique, l’expérimentation animale est indéfendable.
Du point de vue
scientifique, notre propos n’est pas de remplacer un dogme par un autre
dogme mais de laisser libre cours à notre esprit critique :
-les médicaments
retirés régulièrement du commerce car s’étant révélés dangereux
voire mortels chez l’homme ;
-les sommes d’argent
et de temps investies dans une recherche tous azimuts ne donnant pas les
résultats escomptés (persistance des cancers, sida, obésité…) ;
-la pratique et la
légalisation de l’expérimentation humaine ;
sont autant d’éléments permettant de remettre l’expérimentation
animale en question et de promouvoir le développement (validation et
financement) nécessaire de méthodes substitutives.
Q6:
Pourquoi luttez-vous contre l'expérimentation animale?
Parce qu’elle est
à la fois cruelle pour l’animal (raisons éthiques) et dangereuse pour
l’homme (raisons scientifiques). Nous aimons et respectons les animaux.
Nous les connaissons pour des êtres sensibles ressentant la faim,
le froid, la peur et la douleur. Ils peuvent, selon
les espèces, se révéler de véritables complices pour l’enfant, la
personne âgée…ou tout un chacun possédant assez de disponibilité
et/ou de feeling. Nous répugnons à les savoir
totalement livrés tels de vulgaires objets ou matériaux (d’expérience !)
à toutes les formes de curiosité intellectuelle de chercheurs qui, pour
la plupart, ne leur reconnaissent aucun droit,
pas même celui de vivre ou de ne pas souffrir. L’expérimentation
animale est une méthode de test qui, historiquement,
s’est imposée « faute de mieux ». Elle
présente d’énormes lacunes dans ce qu’elle peut donner comme
interprétation des réactions humaines (cf. non-transposabilité des
résultats obtenus chez l’animal à l’homme). Elle
est à l’origine de retards, voire peut-être d’abandons, dans l’application
de remèdes (le chloroforme est si toxique pour le chien que son emploi
comme anesthésique pour l’homme en fut retardé ; si FLEMING avait
testé la pénicilline sur le cobaye et pas sur le rat blanc, il aurait
conclu à sa toxicité…). Elle est aussi à l’origine
de véritables drames humains quand les substances testées sur animaux se
révèlent toxiques pour l’homme (une étude publiée en 69 établi que
les médicaments sont responsables pour 61 % de tous les mal-formés nés
vivants, et pour 88 % de tous les morts-nés ; une étude récente
sur le cancer a démontré que pour les 170 substances testées, les
résultats ne correspondaient chez l’homme et l’animal que dans 37 %
des cas !…). Aux victimes animales s’ajoutent
donc les victimes humaines.
Il est temps d’abandonner l’expérimentation animale, méthode
obsolète et peu fiable, au profit des méthodes substitutives.
Q7: Si on ne teste pas sur les animaux, comment va-t'on trouver un médicament contre le cancer, le SIDA ou faire de nouveaux vaccins
?
Comme
déjà mentionné,des modèles in vitro existent :organes perfusés,tranches
d’organes,modèles tissulaires et cellulaires,fractions subcellulaires
permettent de tester une large gamme de substances chimiques ou autres au
niveau hépatique ,cutané,rénal , intestinal,occulaire ( en remplacement
du test de Draize) ,nerveux ,…Ces tests sont indispensables dans toute
étude préclinique d’un médicament et permettraient
déjà d’épargner un grand nombre d’animaux si ils étaient
systématisés
Q8:Que proposez-vous à la place?
Des méthodes alternatives à l’expérimentation
animale existent : lignées cellulaires, tissus, tranches d’organes
ou même organes perfusés permettent par exemple d’analyser la
cytotoxicité d’un produit, de tester des réponses immunitaires, de
simuler avec précision la paroi intestinale ou artérielle.
Des méthodes comme le test LAL (lysat d'amoebocyte de limule pour doser les endotoxines) ou le test
ELISA (méthode immunochimique pour le dosage des antigènes ou des
anticorps) se sont révélés plus rapides,
plus efficaces et moins coûteuses que les méthodes animales, mais
demandent encore une réelle volonté politique internationale pour être
définitivement validées et rendues officielles.
Il est donc primordial de faire pression sur les instances
officielles afin de reconnaître leur valeur scientifique.
Dans le domaine de l’enseignement, une alternative à l’expérimentation
animale existe aussi grâce à l’utilisation de programmes informatiques
performants.
Q9: Accusez-vous les scientifiques de cruauté?
L’animal de
laboratoire a perdu son statut d’être vivant. Au
sein du laboratoire, il est devenu cobaye, matériel ou objet d’expériences…
« On devait
disséquer des animaux vivants et quand…ils criaient, le professeur nous
disait : « N’ayez pas peur, c’est un réflexe ! C’est-à-dire
quand votre vélo grince, est-ce qu’il souffre ? »
Cette représentation d’animal machine auquel on se soumettait,
permettait de faire des actes d’une très grande cruauté par des gens
qui n’étaient pourtant pas des sadiques » (Boris CYRULNIK,
Neuropsychiatre et éthologue).
Il serait tout à
fait illusoire ou illogique de croire que des personnes, les
expérimentateurs, dont le travail consiste quotidiennement à assimiler l’animal
à un matériel, puissent prêter des sentiments et de la
sensibilité à ce matériel… et être attentif à sa souffrance, à sa
terreur.
« Un
laboratoire d’expérimentation animale est un lieu clos dans lequel d’innocentes
créatures sont à la merci des scientifiques et du personnel.
Les rares « portes ouvertes » ne montrent jamais l’animal
en cours d’expérience ou après celle-ci : cages exiguës, chiens
ou singes croupissant dans leurs déjections, hurlant de terreur à l’approche
de leurs bourreaux, les yeux emplis d’une indicible détresse… Nul doute que les scientifiques et leur personnel s’habituent
à la souffrance de leurs pitoyables cobayes et qu’ils deviennent des
êtres sans cœur » (Docteur MOUSSET, Wanze in La
Libre Belgique, 10/07/90).
Les « fuites » de ces
dernières années ont illustré malheureusement à plusieurs reprises ce
mépris des vivisecteurs pour la souffrance des animaux ; ainsi :
-une inspection
vétérinaire menée en 96 dans les laboratoires de l’U.L.B. Erasme a
révélé qu’un chien subissant une opération était insuffisamment anesthésié !
-un étudiant de l’université
de Liège a révélé en 98 que l’état des chiens utilisés en
dentisterie était tel qu’il ne leur permettait plus de manger, et que
dans l’indifférence générale, ils étaient quelques étudiants à
tenter de les nourrir le week-end ;
-en
XXXX , des animaux(…) ont été retrouvés vivants dans
les poubelles de l’université de Louvain-la-Neuve !
Il faut également changer la mentalité du secteur
de la recherche afin de stopper la course effrénée à la
publication et le manque de collaboration dont les animaux font souvent
les frais , par la répétition inutile des mêmes expériences
douloureuses dans des laboratoires différents.
top
Q12:
L'expérimentation animale est-elle légale?
Oui, mais les
directives européennes précisent qu’elle ne peut être répétitive
(même s’il y a des exceptions !) et que les buts de l’expérience
ne peuvent être atteints par d’autres méthodes, c’est-à-dire par
une méthode substitutive validée. Le problème est que ni les résultats
des expériences réalisées sur animaux, ni les méthodes substitutives,
ne sont répertoriés (banques de données) ; et que les instances
politiques, scientifiques et administratives ne se concertent pas pour
développer les méthodes substitutives ou même pour officialiser
(valider) celles existantes (test LAL, test ELISA) ! Ainsi, si le
test de Draize (test d’irritabilité
oculaire) n’est plus réalisé sur des lapins vivants aux U.S.A. ou en
Suisse, il n’en est pas de même au sein de la CEE…
En matière de
commerce, si les médicaments et les produits chimiques dangereux sont
obligatoirement testés sur animaux, les produits d’entretien et
cosmétiques peuvent être élaborés sans recourir à l’expérimentation
animale à
tout dépend alors du choix éthique des firmes commerciales qui décident
ou pas de se tourner vers les méthodes de test substitutives à l’expérimentation
animale.
En matière de
recherche fondamentale (recherche sur les mécanismes des maladies) menée
principalement dans les universités, tout semble permis (cf. clonage) et
peu jugé (à titre d’exemple, les crédits ne sont pas accordés aux
laboratoires sur base de l’objet de leurs recherches, mais en fonction
du nombre de recherches menées et de publications effectuées).
L’installation
récente et obligatoire de commissions d’éthique dans les laboratoires
est souvent présentée comme un gage du respect de la législation, mais
S.E.A.-S.E.D. reste sceptique car hormis un inspecteur vétérinaire, les
membres de cette commission sont recrutés au sein du laboratoire et par
le laboratoire.
Q16:"Il
faudrait plutôt tester sur Marc Dutroux, (ou sur les pédophiles,
les handicapés, les prisonniers, les chômeurs, les étrangers,...)"
Notre
action, même si elle se concentre sur la défense des animaux de
laboratoire, a pour finalité la protection de la vie sous toutes ses
formes.
Nous
ne voulons pas porter de condamnation ni de jugement de valeur sur aucune
personne ou catégorie de personnes.
Q17: "Vous êtes bien contents d'utiliser des médicaments testés sur les animaux"
Il faut d’abord se
mettre d’accord sur les termes utilisés.
Il faut être bien conscient que ce n’est pas grâce à
la méthode animale que l’on trouve des médicaments ; ces tests ne
servent qu’à essayer de détecter l’efficacité et la toxicité des
produits. Il est vrai que dans le passé, on ne disposait que de cette
méthode imparfaite (problème de transposabilité à l’homme des
résultats obtenus chez l’animal). De
nos jours, des méthodes substitutives existent, mais ont grand mal à se
faire valider parce qu’elles bousculent des habitudes et de nombreux
intérêts.
Le comble est que ces méthodes sont plus sûres parce qu’elles
ne présentent pas le danger de non-transposabilité, mais préjugés et
intérêts sont tenaces et déterminants. Il serait
de plus ridicule de refuser l’emploi de médicaments qui ont eu la chance
de passer le cap des tests sur animaux sans nuire à l’homme.
Cela n’a pas toujours été le cas ; de nombreux produits
ont occasionné des catastrophes chez les humains malgré les
expériences sur les animaux (ou à cause de celles-ci ?…). La
meilleure règle est encore de se méfier de tout produit chimique qui est
une arme à double tranchant et, si on y est acculé, il faut être
conscient du danger d’autant plus grand si ce produit a été testé sur
l’animal. Et cela ne doit en rien nous empêcher
de réclamer l’avancement des travaux de validation des nouvelles
méthodes.D’autre part ,il a été montré à de nombreuses
reprises que des médicaments commercialisés ont dû être retirés du
marché suite à des effets secondaires mortels alors que ces produits
avaient fait l’objet d’études cliniques satisfaisantes,entre autre
chez l’animal :dexfenfluramine (isoméride®) et récemment cérivastatine
(lipobay®,baycol®).Ces multiples retraits du marché sont la preuve que
,même en ayant testé un nouveau produit sur l’animal , on peut
passer à côté d’effets secondaires mortels chez l’homme.